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Innorobo, le salon dédié aux innovations de la robotique de service et industrielle ouvrira ses portes le 18 mars prochain. L'édition 2013 d'Innorobo avait battu tous les records en termes d'affluence et d'exposants. Innorobo 2014 s'annonce encore très prometteur : 140 exposants, des exclusivités mondiales et des robots toujours plus innovants. Catherine Simon, l'organisatrice du salon, a bien voulu répondre à nos questions à quelques jours de l'ouverture du salon.
Comme
l'an dernier, Catherine Simon a joué le jeu et a répondu à dix questions sur le salon, sur son organisation et sur la robotique en général. Voici en exclusivité pour nos lecteurs, l'interview de l'organisatrice du salon
Innorobo.
Commençons par la question habituelle : quelles surprises nous réserve l'édition 2014 d'Innorobo ? On a entendu parlé de Roméo, d'Hercules... Mais encore ?
Catherine Simon : ROMEO sera présent en exclusivité mondiale… et il marche ! J’avoue que j’attends avec impatience et curiosité de voir ce robot dont j’entends parler depuis plusieurs années, en « chair et en os ». Vous aussi j’imagine. Avec l’expertise cumulée par
Aldebaran dans le développement de son
petit frère NAO, ROMEO promet d’être un concentré de technologies les plus innovantes et d’avoir une interface et des interactions avec l’humain des plus remarquables.
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Que Romeo, une des stars d’Innorobo 2014, ne nous fasse pas oublier les autres robots humanoïdes ou non.
Ainsi Innorobo est le lieu de présentation et démonstration d’autres humanoïdes impressionnants :
- POPPY de l’INRIA, un robot humanoïde en open source, en grande partie produit avec une imprimante 3D.
- REEM C de Pal robotics (Espagne) – 80 kgs, 1m65 et 44 degrés de liberté. Le dernier né de Pal Robotics, un humanoïde « bipède » dans sa version commercialisable.
- iCub, ce projet européen de robot qui apprend par lui-même et qui est toujours un objet d’émerveillement, même s’il a été présent à toutes les éditions d’Innorobo
- Nao bien sûr, qui continue d’être l’humanoïde le plus connu internationalement, le robot emblématique de la France dans le monde grâce aux multiples voyages de son « créateur », Bruno Maisonnier et de ses équipes.
En dehors des
robots humanoides, vous avez tous les types de robots mobiles autonomes ou semi-autonomes : la VIPA de Ligier qui préfigure des changements majeurs dans nos modes de déplacements urbains ; le véhicule sous marin d’
ECA Robotics et bien sûr, les drones de la société R&Drone et du laboratoire Heudiasyc, membre du GDR Robotique, notre partenaire.
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Et bien sûr, des innovations dans le domaine de la robotique de services personnelle et professionnelle : le
robot de téléprésence BEAM de Suitable Technologies, une « spin off » de la célèbre société californienne Willow Garage, va être « opérationnel » à Innorobo grâce à Awabot. Awabot propose aux internautes de
louer un BEAM par tranche de 2 heures pour visiter les halls d’Innorobo, interagir avec les exposants et même assister aux conférences et tout cela, à distance.
[caption id="attachment_19254" align="aligncenter" width="610" caption="© Ph.Bette"]
![Catherine Simon (innorobo) et le robot BEAM Catherine Simon (innorobo) et le robot BEAM]()
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Merci également à la société Orange, partenaire d’Awabot sur ce projet. Le
robot d’assistance personnelle ADAM de cette start-up italienne Hand Company, un des gagnants de l’appel à Start-ups d’Innorobo attire par son design, des robots domestiques qui améliorent notre confort de vie ou assistent les séniors à domicile : le robot aspirateur et laveur tout à la fois de Big Robots (que nous avions rencontré
l'an dernier) et Moneual (Corée du Sud) ; le robot purificateur d’air (plutôt pour l’instant adressé aux lieux publics et bureaux, mais pourquoi pas un jour pour nos domiciles) DIYA ONE de l’entreprise PARTNERING ROBOTICS… et bien d’autres encore.
En robotique de services professionnelle, les secteurs de la sécurité et surveillance sont importants : EOS Innovation présente
e-vigilante, CTRL WORKS (Singapour) a développé une technologie « cloud » et une plateforme hardware qui permet de rendre autonome n’importe quel véhicule mobile,
EFFIDENCE présente au sein du pavillon de VIAMECA une technologie de navigation et de surveillance vidéo…
Enfin, le domaine du robot médical et de santé fait l’objet d’une attention particulière de la part d’INNOROBO et MEDTECH, DEXTERITE SURGICAL et BA Systèmes exposent à Innorobo ainsi que des laboratoires et même écoles qui ont travaillé sur le sujet. De plus Patrick Mallea du CNR Santé fera une intervention sur ce sujet lors des Etats Généraux de la robotique le 18 Mars
Toujours présents dans les éditions précédentes, mais moins mis en avant dans la communication autour du salon, l'édition 2014 d'Innorobo semble vouloir faire la part belle aux robots industriels. Pour la première fois vous allez dédier un hall à l'Industrie. Pouvez-vous nous en dire plus...
Catherine Simon : Lors d’Innorobo 2013, la thématique générale de l’évènement, traitée notamment lors des conférences, était celle de la convergence. Convergence d’Internet des objets avec les technologies robotiques, mais aussi la convergence entre robotique industrielle et robotique de services. La
robotique industrielle emprunte des technologies (notamment mobilité et interface Homme-Machine) à la robotique de services pour créer la
Cobotique, cette nouvelle robotique industrielle où l’homme et le robot collaborent en direct dans le processus de production, où le robot sort de sa cage métallique, est plus facile à intégrer dans une chaine de production, plus facile également à programmer pour de plus petites séries… Bref, il s’adapte aux besoins des ETI et PME qui constituent une large part du dynamisme de notre tissu industriel. L’emblématique
BAXTER sera présent bien sûr, aux cotés de nouveaux robots industriels comme HIRO de Kawada, IIWA de Kuka et les robots de STAUBLI, SCHUNK, FANUC, mais aussi l’exosquelette de RB3D que vous pourrez essayer en direct à Innorobo.
Le fonds Robolution Capital est en marche. Son lancement à trois semaines du salon n'est pas anodin. Pensez-vous que le salon 2014 attire encore plus d'industriels que l'an dernier ?
Catherine Simon : L’objectif d’INNOROBO est d’accélérer l’émergence des technologies robotiques dans l’ensemble des champs d’applications, tant personnels que professionnels, pour lesquels ces innovations améliorent nos pratiques, notre qualité de vie, nos quotidiens. Je suis convaincue que la robotique est une solution à nos enjeux économiques et sociétaux. Les opportunités ouvertes par les technologies robotiques méritent d'être expliquées et connues plus largement. C'est une nouvelle source d'innovations, d'émerveillement, et de création de valeurs qui mérite d'être révélée.
Une exposition, où le visiteur peut toucher du doigt les technologies robotiques depuis leurs balbutiements jusqu'aux plus récentes innovations, est l'occasion de juger de leurs capacités à transformer nos vies. Avec les Etats Généraux de la robotique, sous l’égide des ministères du redressement productif et de l’enseignement supérieur et de la recherche, j’espère que nous éveillerons l’intérêt d’un plus grand nombre d’industriels et de dirigeants d’entreprises. Les chaînes de valeur, les business modèles, notre façon de produire, d’interagir avec les objets qui nous entourent vont être bouleversés par ces technologies. Alors, les faire connaître et comprendre à un plus grand nombre d’acteurs est un objectif.
Innoecho, Syrobo, Robolution Capital... Lyon is THE place to be on dirait. Quels sont les liens qui vous unissent ?
Catherine Simon : La première édition d’Innorobo a été organisée par SYROBO, dont j’étais la secrétaire générale. Puis l’évènement a été « externalisé » au sein d’une société que j’ai créée INNOECHO, car le syndicat
SYROBO n’avait pas la volonté de prendre le risque financier inhérent à ce type d’évènement et que les membres du bureau de Syrobo estimaient que l’organisation d’un salon n’était pas la mission première du syndicat. INNOECHO est donc la société propriétaire et organisatrice d’INNOROBO. J’en suis la Présidente et l’actionnaire majoritaire. Syrobo est actionnaire minoritaire d’INNOECHO. INNOECHO est adhérent de Syrobo.
Quant à Robolution Capital, il est partenaire d’INNOROBO 2014, aux cotés de groupes comme EDF, LDLC, du GDR Robotique,… INNOROBO est un des moyens de développer la sensibilisation et les partenariats concrets qui font progresser la robotique dans les différents secteurs les plus concernés. Le syndicat SYROBO, le SYMOP, le fonds Robolution Capital, le GDR Robotique, les associations, la présence d’entreprises exposantes ou partenaires en sont d’autres…Nous sommes ouverts à tout ce qui contribue à notre objectif.
On constate que le secteur de la robotique est en pleine ébullition depuis quelques mois. Chaque jour apporte son lot d'actualités, d'avancées et d'investissements. Les robots se réveillent... L'avez-vous ressenti également pendant la préparation de cette nouvelle édition d'Innorobo ?
Catherine Simon : Nous avons clairement un éveil fort de l’écosystème français à la robotique. L’
annonce à INNOROBO du plan
France Robot Initiatives par M. Arnaud Montebourg a généré des
initiatives dans plusieurs régions Aquitaine, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et Ile de France notamment, mais aussi un peu partout. Nous ressentons clairement ce foisonnement d’initiatives. INNOROBO se veut un évènement international et les initiatives de type « plan national » étaient déjà fortement présentes en Corée et au Japon.
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En Corée, le foisonnement initial se transforme en une structuration de la filière, à l’arrivée de grands groupes qui intègrent la robotique dans leur plan stratégique, etc. Le Japon s’est remis de Fukushima et l’IREX en novembre 2013 (l’évènement robotique japonais) était extrêmement dynamique avec des innovations en robotique de terrain (field robotics), mais aussi dans le domaine de la robotique médicale et de santé, la robotique de services en général et, bien sur, la robotique industrielle. Sans avoir recours à un plan national, et même si le Président Obama parle régulièrement de robotique, les Etats Unis avaient déjà une excellence robotique sur la côte Est avec le MIT à Boston et Carnegie Mellon à Pittsburg. La Silicon Valley (Cote Ouest) a maintenant « embrassé » la robotique avec la création d’un Cluster, le Silicon Valley Robotics cluster sous la présidence du directeur du laboratoire de recherche de l’université de Stanford, Rich Mahonney.
Nous assistons à l’émergence d’un nouveau domaine, grâce à des innovations technologiques, qui, à l’instar d’Internet, va bouleverser nos modes de vie. C’est passionnant !
L'an dernier le robot Salamandra de l'EPFL, le robot chirurgien Rosa ou encore le Telenoid de Pr. Ishiguro avait particulièrement attiré notre attention. Quelles seront les stars de cette année ?
Catherine Simon : Les robots stars sont tellement nombreux qu’il est difficile d’en faire une liste exhaustive. ROMEO, POPPY, ADAM, BEAM, IIWA, HIRO, HERCULE, l’aspirateur robotique, le porte clef connecté MyKee,
Furo le robot hôtesse, REEM-C, le LYNX d’Adept, la tête robotique interactive de Syntheligence, le Wheelphone de GCtronic, les drônes de R&Drones, Buddy de BlueFrog robotics, les batteries modulaires de TYVA Energie, … je propose que vous attendiez le catalogue et le dossier de presse et surtout que vous jugiez sur place… Il y a certains robots qui viendront sans s’être annoncés. De plus, les stars des uns ne sont pas les stars des autres,… cela dépend de votre secteur d’activité et de votre intérêt pour la robotique.
140 exposants cette année ! Vous battez tous les records et vous ne cessez de vous agrandir ! A quand Innorobo à Paris ? ;-)
Catherine Simon : Le GRANDLYON et la Région Rhône-Alpes nous accueillent depuis la première édition à Lyon et nous soutiennent bien au-delà d’un apport financier ; ils participent à la création d’une dynamique sur le territoire, nous aide à attirer des partenaires et exposants étrangers, à recevoir des VIP internationaux dans une atmosphère à la fois conviviale et professionnelle. Le territoire a contribué fortement à la réussite d’INNOROBO. Nous leur en sommes reconnaissant. LYON devient robotique chaque année… et le sera encore en 2015.
Pouvez-vous nous présenter l'équipe qui est derrière l'organisation du salon ? Combien de personnes le préparent ? Et combien serez-vous pendant les 3 jours du salon ?
Catherine Simon : L’équipe ! Bien sûr ! Sans elle, pas d’INNOROBO ! En premier, la ténacité et l’énergie de Beryl BREAS, la directrice générale d’INNOECHO, permettent à INNOROBO de grandir chaque année. Elle développe notre réseau à l’international, trouve des solutions individuelles pour chaque entreprise exposante, afin de répondre au mieux à son besoin. Elle est passionnée et passionnante. Une amie et collaboratrice fidèle, toujours présente. Elle manage avec un professionnalisme sans faille et dans la convivialité, sa collaboratrice Hélène DUCHASSIN, et une équipe fidèle de collaborateurs et collaboratrices externes.
Hélène nous organise, nous tient le planning, nous alerte en cas de dérapage et s’occupe avec diligence et ouverture d’esprit de tous les détails qui font que INNOROBO ouvrira ses portes en bon ordre. Cette équipe de deux personnes fait appel à des « prestataires » externes, qui sont animés de la même envie de réussir notre pari d’un évènement à la fois convivial et professionnel, le plus ouvert possible.
Citons la créativité de Frédéric Armand, qui réalise tous les visuels d’Innorobo, met en page nuit et jour le catalogue à une semaine de l’évènement, trouve toujours la ressource de proposer des créations graphiques qui reflètent l’esprit de l’évènement.
Benoit Gauthier et Jérôme Tobeilem, des spécialistes de l’évènementiel, métier que Beryl et Hélène apprennent en le faisant. Jade Lemaitre, notre Docteur (PhD) en robotique, qui twitte, facebook, nourrit notre communauté sans cesse grandissante des dernières informations du marché, des entreprises, et des personnalités qui font bouger la robotique.
C’est aussi sur l’édition 2014, Christelle Carteron, votre interlocutrice et notre attachée de presse ; Belkacem qui s’arrache les cheveux sur notre site web pour qu’il supporte les montées en charge à l’approche du mois de mars, Stéphanie qui part en croisade pour nous trouver des financements complémentaires ; Christophe, Kevin et Clément-Marie qui fidèlement rejoignent l’équipe lors de l’évènement…
J’en oublie et j’espère qu’ils me le pardonneront (mais à moins de 10 jours d’INNOROBO, le manque de sommeil se fait sentir). Du 17 (et oui, nous commençons la veille, montage des stands oblige) au 21, nous sommes plus de 25 au service des exposants, visiteurs et robots d’INNOROBO.
Quels outils, moyens mettez-vous à la disposition des jeunes entreprises ou moins jeunes, pour se rencontrer pendant d'innorobo ?
Catherine Simon : Le site web est le point de rencontre avec un dispositif de prise de rdvs en ligne, que nous améliorons chaque année.
Pour les
start-ups, nous avons créé un appel à Start-ups avec un panel d’investisseurs qui choisit les 5 start-ups les plus prometteuses parmi les candidats. Ces jeunes entreprises ont un stand gratuit et sont mises en avant dans notre catalogue et notre communication. Enfin, nous avons créé des espaces/stands spécifiquement pour les porteurs de projets et jeunes entrepreneurs afin de rendre possible leur participation à moindre coût à Innorobo.
Le salon Innorobo est un salon très convivial, notamment lors de la journée porte ouvertes où le grand public peut côtoyer les professionnels. Qu'avez-vous à dire aux enfants, familles, adultes qui découvriront pour la première fois Innorobo ?
Catherine Simon : Bienvenue à INNOROBO. Notre vie quotidienne va être bouleversée par des inventions permanentes : voitures autonomes, robots compagnons d'assistance ou de loisir, robots de télé présence pour se téléporter à l'autre bout de la planète, robots chirurgiens, drones volant sans pilote... C’est une période excitante que de voir une révolution technologique en marche. N’ayez pas peur des robots. Les robots sont et restent des machines. Ils réalisent pour nous et nous déchargent de tâches pénibles, « programmables », automatiques que nous pouvons leur laisser afin d’avoir le temps d’exprimer ce qui fait notre différence : l’imagination, l’émotion, la créativité. Grâce aux robots, nous allons pouvoir nous concentrer sur ce qui fait notre humanité.
Merci encore à Catherine pour ses réponses et pour le temps qu'elle a bien voulu nous accorder. Nous lui souhaitons ainsi qu'à toute son équipe un excellent salon !